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Un accouchement prématuré tout en douceur !

Le Blog

Dès le début de ma grossesse, j'étais informée des risques d'accouchement prématuré. J'étais donc préparée, surtout après deux premières hospitalisation à 5 mois de grossesse, dans le but de réduire les contractions. Mais quand même…. A l'issue de l'échographie du 7ème mois, je ne suis pas rentrée à la maison ! Cette fois, les contractions avaient eu une incidence sur mon col, trop réduit pour me permettre de prendre le moindre risque. Je suis alors à 13 jours des 34 SA (objectif à atteindre pour accoucher dans la clinique dans laquelle je suis suivie). Repos strict au lit.

Les jours passent, je me surprends à bien vivre cette situation forcée et être patiente : la force vient de l'intérieur ! Me voilà à 4 jours des 34 SA...dernière ligne droite ! Le lundi soir, mon gynéco passe me voir. Il est confiant et prévoit une échographie d'estimation de poids des doudoux pour le lendemain : elle n'aura jamais lieu ! Il est 22h ce soir là, quand Chéri me demande par sms "y-a-t-il des chances que tu accouches ce soir ?" …. Heu...il est 22h, aucune contraction, car la récente perfusion et le repos strict ont eu l'effet escompté, aucun signe annonciateur d'un accouchement imminent; donc non... A 22h, je lui dis : "non, aucune chance que j'accouche ce soir"! Et pourtant.... Et pourtant, ce soir là, à minuit, une sensation "étrange" me réveille. J'appuis sur la sonnette rouge proche de moi pour prévenir la sage-femme de garde : "je crois que j'ai fissuré la poche!" (Bien évidemment, Chéri, immédiatement prévenu, est sur le qui vive). La sage-femme procède à un test: s'agit-il ou non de liquide amniotique? ce n'est pas flagrant. Elle prévoit de me donner les résultats 1h plus tard. Mais moins de 5 minutes après, je ressens des contractions, cette fois douloureuses et TRES rapprochées. Brancard et direction salle de pré-travail pour examen du col et monitoring. Nous habitons à 10 minutes en voiture de la clinique, Chéri arrive donc très rapidement et sera à mes côtés à chaque instant : les moments qui suivent, nous ne sommes pas prêts de les oublier !

30 minutes après l'appel de la sage-femme, mon col est ouvert à 2cm... la poche est rompue : le travail a commencé ! Mais les 34 SA ne sont pas atteintes! On me transfère d'urgence en Samu, pour que je puisse mettre au monde mes doudoux au CHU (maternité de niveau 3). Le monitoring présente des contractions de travail, fortes et rapprochées. Je n'ai pas besoin des 3 capteurs sur mon ventre pour m'en rendre compte! On me pose le cathéter, une perfusion et c'est partie pour la grande aventure. J'ai mal, j'ai du mal à me glisser sur le brancard du Samu, mais je reste calme. Chéri est là, je suis rassurée. Les 10 minutes de transfert me semblent pourtant être une éternité. J'ai l'impression que le chauffeur n'empreinte que des rues pavées. L'arrivée au CHU se fait par les sous sol (je crois). Chéri qui suivait le Samu en voiture est toujours là...

La sage-femme de garde m'examine, et m'annonce que je suis dilatée à 6, il doit être 1H30 : Direction la salle de naissance, on demande à Chéri de patienter le temps de me poser la péridurale. Première tentative : je fais un malaise ! Il faut dire que j'ai la phobie des piqûres… alors celle-là!!! J'ai mal, je ne parviens pas à faire le dos assez rond sans bouger. L'anesthésiste accepte de me la poser allongée sur le côté et là tout va bien. Je m'aperçois que je m'étais fait une montagne pour pas grand chose, car ce n'est pas douloureux et ça soulage presque en un instant ! Cette anesthésie en place, Chéri peut me rejoindre, il doit être environs 2h du matin. Il faut désormais attendre que le travail se fasse jusqu'à dilatation complète. Nous sommes épuisés, tentons de nous reposer entre deux prises de tensions, visite d'une sage-femme, élève ou autre. A 5h30 mon col est complètement ouvert.

"On va s'installer" nous prévient la sage-femme présente depuis mon arrivée: C'est rassurant de voir le même visage du début à la fin! Quand nous sommes arrivés, elle finissait sa garde de nuit, mais elle restera jusqu'à la naissance de nous doudoux. Merci à elle!!! Elle me demande si j'ai appris à pousser. C'est à dire que.... ben non ! Car ces trois derniers mois, j'ai plutôt tout fait pour les retenir, mes bébés. Alors oui, j'avais bien ma sage-femme à domicile avec qui j'ai beaucoup parlé de l'accouchement, son déroulement etc. mais sans jamais avoir essayer de pousser. La première poussée se passe bien, j'ai visiblement compris comment faire. Ses prodigieux conseils me permettent d'être plus efficace. Donc, le col est bien ouvert, je sais pousser, mais nous allons devoir patienter encore un peu. Le but est de permettre à "J1" de s'engager lui même et descendre dans mon bassin. Ainsi, on limite mes efforts et on ne met pas ce bébé en souffrance.

Enfin, le moment arrive! Je vais mettre au monde nos doudoux! Chéri est à ma gauche, avec le brumisateur évidemment ! Tout se passe très bien, je ressens les contractions sans qu'elles soient douloureuses, je peux donc l'accompagner, mon bébé ! Une heure plus tard notre premier doudou pousse son premier cri ! Wahoo.... Il est beau, très chevelu ! Je suis rassurée car il respire seul tout de suite. Emue aussi, oui, bien sûr ! On vient de poser sur mon ventre, ce bébé, avec qui j'ai déjà fait connaissance, mais là je le vois, je le sens, je peux le toucher, l'embrasser... Mais ce n'est pas le moment de se laisser aller à l'émotion! C'est que j'en ai un deuxième à mettre au monde. Le gynéco refait une écho pour vérifier la position de "J2". Et 8 minutes plus tard, J2 naît! En une heure de temps ma vie, notre vie vient de basculer dans le monde des "parents de jumeaux" :-) Ma première réaction "Mais il est tout petit ! Mais il ne lui ressemble pas!". 400 grammes de moins, sur des petits poids, cela fait une énorme différence. J2 part lui aussi avec un pédiatre rejoindre son frère. Chéri qui ne m'a pas quittée, part pour suivre nos doudoux. Nous ne voulons pas qu'ils soient "seuls" dans les premières minutes de leur vie ! Moi je vais bien, aucune complication. Eux, ils ont sûrement "besoin" de leur papa... A moins que ce soit le papa qui ait besoin d'eux!

A peine trente minutes après ce premier cri, me voici donc maman de deux bébés, mes enfants, nos enfants ! Et ils sont là, posés sur moi, dans un drap chaud, avec un bonnet et des petits yeux ouvert... Wahoo encore ! Cet instant, je ne l'oublierai jamais! Pas besoin de photo…même si celle qui a été prise de nous 4 à cet instant immortalise ce moment exceptionnel, hors du temps. Mais il faut revenir à la réalité! Les doudoux ont deux mois d'avance, et sans être minuscules, ont besoin de soins particuliers. Ils sont emmenés rapidement dans le service de neonatologie (je vous raconte tout ça dans un autre article), Chéri les accompagne et m'envoie les premières photos. Qu'ils sont beaux, nos bébés, même avec une sonde dans le nez et derrière ce hublot de couveuse ! Moi, je pourrai aller les voir, en marchant comme une grande à 14h ! (Ils sont nés à 7h41 et 7h49).

Notre vie a, ce jour-là, changé à jamais... C'était il y a un mois, déjà ? seulement ? Les émotions ne cessent depuis ce jour de se succéder : les premiers regards, premiers peau à peau, premiers bains... la sortie de la neonat, la rencontre avec les grands frère et soeurs.... Ce sont des instants dont nous profitions au maximum, car ça passe vite !


Je ne suis pas la seule mamans de jumeaux à vous conter mon accouchement ou ma grossesse, je vous propose de lire : 

Poulpettes à paillettes 

Maman Double Mixte 

Leetha's world
Twins And Us
Maman Pouce 


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