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Témoignage sur le don de lait maternel

Le Blog

J'ai récemment partagé sur ma page Facebook, l'appel au don de lait maternel lancé par SOS Prémas.
La cause me tient particulièrement à coeur. Ayant accouchée de bébés prématurés (accouchement à 33 sa + 4), mes enfants ont séjourné en service de néonatologie, avant de pouvoir rentré avec nous et être nourris au biberons avec du lait en poudre. 
Je ne vous en ai encore jamais parlé, mais je n'ai pas réussi à mettre en place mon allaitement. 
Heureusement, il y a des mamans qui font don de leur lait. La beauté de ce geste doit être soulignée. 

J'ai fait la connaissance sur la blogosphère de Clémence et Pauline. Deux jeunes mamans, qui ont créé leur page facebook et leur compte instagram :  Deux Mamans Un Blog. Grâce à ces réseaux, j'ai pu découvrir que Clémence s'était lancée dans cette noble aventure. 

Elle a accepté de témoigner sur notre blog Parents de Jumeaux : 

Don de lait maternel :« Le geste m’est apparu naturel »

Certains bébés peuvent uniquement boire du lait maternel : les bébés prématurés et les nourrissons ayant des pathologies digestives, des insuffisances rénales ou des problèmes cardiaques.

Malheureusement, il n’est pas toujours possible pour les mamans de fournir du lait maternel. C’est pourquoi il existe un certain nombre de lactariums répartis sur toute la France, afin de collecter du lait auprès d’autres mamans allaitantes afin de nourrir ces bébés.

Dans cet article, je vais vous parler de mon expérience en tant que “maman allaitante”, puisque j’ai l’occasion de donner du lait maternel auprès du lactarium de Bordeaux-Marmande. Je ne rentre volontairement pas dans les détails techniques, puisqu’il s’agit pour moi de vous donner une vision de mon expérience afin de vous montrer que c’est une démarche très simple et généreuse.

Pourquoi j’ai choisi de donner mon lait ?

Il était évident que je voulais essayer d’allaiter mon bébé. J’ai toujours eu une vision positive de l’allaitement, puisque ce geste me paraissait le plus simple et le plus bénéfique (pour moi et pour bébé).

Pendant la grossesse, j’ai esquissé l’idée d’un jour “donner du lait” auprès d’un lactarium afin de nourrir un nourrisson qui en aurait besoin. L’idée m’avait été glissée à l’oreille par une association de soutien à l’allaitement lors de séances d’informations. Ce geste me parait naturel puisque je donne également mon sang et, si malheureusement un jour le destin le souhaite, ma moelle osseuse et mes organes.

Ce qui me motive dans cette démarche, c’est de pouvoir aider, à mon échelle, des bébés qui n’ont pas choisi de naître un peu trop tôt ou avec un problème médical.


Comment cette "belle histoire" a débuté ?

Lorsque mon fils est né, j’ai mis en place son allaitement sans difficulté particulière et en vivant l’expérience “au jour le jour”. Six semaines après la naissance, j’ai commencé à tirer mon lait pour mon fils afin de pouvoir m’absenter et afin de passer le relais au papa pour nourrir bébé.

Lorsque mon fils a commencé à dormir un peu plus la nuit, j’ai pris l’habitude de tirer mon lait avant d’aller me coucher afin que mes seins ne soient pas douloureux au réveil. Même si ce geste “soulage” dans un premier temps, il permet surtout d’entretenir/augmenter la lactation. Mon corps a donc pris l’habitude de produire du lait dans la soirée. Parallèlement, j’ai entrepris les démarches afin de donner du lait auprès du lactarium de Bordeaux-Marmande.

Comment cela se passe pour moi ?

Chaque soir lorsque je me trouve à mon domicile, je tire mon lait pendant 10 minutes. Ce qui me permet de récolter 100 à 200 ml en fonction des journées (fatigue, stimulations de mon fils, etc.). Ensuite, je nettoie les téterelles avant de les plonger dans une solution stérile jusqu’au lendemain. Ce geste me prend environ 15 à 20 minutes par jour (nettoyage inclus), sachant que je profite du moment où je suis “branchée” au tire lait (environ 10 minutes) pour regarder une émission à la TV.

Chaque semaine, une sage-femme vient chercher le lait que j’ai congelé afin de l’expédier vers le lactarium. Elle en profite pour me donner tout le matériel nécessaire au don de lait : biberons stériles, pastilles de décontamination, etc.

Ce moment avec la sage-femme est très bénéfique puisqu’en plus d’échanger sur le don de lait et l’allaitement en général, je peux lui parler du développement de mon fils (on a toutes des questions que l’on n’ose pas poser au pédiatre lors des visites mensuelles).


Quelles sont les conditions pour être donneuse ?

Les conditions sont propres à chaque lactarium, mais les principales sont les suivantes :
Il faut justifier d’une bonne condition de santé. Il sera réalisé à domicile un examen médical, un questionnaire médical et une prise de sang.
Il faut avoir à sa disposition un tire-lait. La sécurité sociale rembourse la location.
Il faut posséder un congélateur, afin de congeler le lait après chaque collecte et avant le passage de la sage-femme.
Il faut respecter de bonnes conditions d’hygiène. Les bébés ayant besoin de ce type de lait sont les plus vulnérables, c’est pourquoi il faut limiter le nombre de bactéries dans le lait donné.

Que devient le lait après la collecte ?

J’ai choisi de donner mon lait auprès du lactarium de Bordeaux-Marmande puisque c’est le seul (dans le monde!) qui transforme le lait maternel en lait lyophilisé. Il peut ainsi être conservé 18 mois.

Après la collecte, le lait est contrôlé en laboratoire afin de vérifier qu’il ne présente pas de bactéries et afin de vérifier qu’il s’agit bien de lait maternel. Ce lait est pasteurisé puis transformé en poudre. 

Le lait ainsi transformé est ensuite envoyé dans toutes les maternités de France métropolitaine et d’outre-mer.


Quelques informations tout de même

Le don est anonyme et gratuit.

Le lait donné aux bébés est un mélange de lait de plusieurs mères, afin de transmettre un maximum d'anticorps aux tout-petits et afin de mélanger le lait.

Le petit mot de la fin.

Pour toutes questions ou informations complémentaires, vous pouvez contacter le lactarium le plus proche de chez vous ou le lactarium de Bordeaux-Marmande (même si vous n’habitez pas à proximité, il y a des sages-femmes collectrices dans toute la France). Vous pouvez également me contacter pour les informations “non médicales”.

Je laisse le soin aux professionnels de santé de vous expliquer tous les détails techniques si cette démarche vous intéresse.

Enfin, c’est comme toutes les histoires d’allaitement, il faut le faire sans pression et avec beaucoup de plaisir pour que cela fonctionne et que cela reste une expérience agréable.

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Je remercie infiniment Clémence qui a pris le temps de rédiger ces quelques lignes pour vous faire part de son expérience.
En aucun cas nous nous substituons aux services médicaux qui seront les plus aptes à répondre à vos questions.

Liens utiles :

SOS Prémas

SOS Prémas sur Facebook

Lactarium de France

Lactarium de Bordeaux 


Et pour suivre Clémence et Pauline



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